Les Aventuriers du Muséum

Nous sommes 5 étudiants en Systématique, Evolution et Paléontologie au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) à Paris, cohabilité avec l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC). S’appuyant sur l’expérience du Muséum en terme d’expéditions scientifiques, nous montons la toute première grande expédition menée par des étudiants.

Retrouvez sur ce site tous nos projets et actualités scientifiques autour de cet ambitieux projet !

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Un système de reconnaissance faciale pour sauver les Lémuriens ?

Biologistes et Informaticiens américains ont allié leurs aptitudes pour développer un outil de reconnaissance faciale. Son objectif? Identifier les lémuriens individuels. Une nouvelle technologie qui porte le nom de LemurFaceID.

Publié le 17 février 2017 dans la revue BMC Zoology, une équipe de recherche originaire de l’université de George Washington, de l’université d’Arizona, de Hunter College et de l’université du Michigan ont développés pour la première fois une technologie de reconnaissance faciale pour plus de 100 espèces de lémuriens. Ces chercheurs ont montrés que LemurFaceID peut identifier des lémuriens individuels avec une précision de 98,7% en se basant sur deux images de face d’un spécimen.

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Variation de faces chez des lémuriens (CC BY License)

Comment fonctionne cet outil?

Pour développer la technologie LemurFaceID, les chercheurs ont adapté la technologie de reconnaissance faciale en se concentrant sur le visage des lémuriens en utilisant un ensemble de données de 462 images de lémuriens à ventre roux et un autre ensemble de données composé de 190 images concernant d’autres espèces de lémuriens. De nombreux visages de lémurien possèdent des caractéristiques uniques telles que des patterns de cheveux ou de peau qu’un système informatique peut reconnaître à la volée.

Fonctionnement du système de reconnaissance :

1- Photographie sur le terrain.

2- Localisation et marquage manuelle des yeux.

3- Alignement des yeux horizontalement et l’image est recadrée grâce au programme.

4- L’image est normalisée et convertie en échelle de gris pour éviter des biais dus à l’éclairage ou à des variations de textures.

5- Analyse des pixels et mise en vecteur

6- Analyse linéaire discriminante étudie les variations entre images d’un même individu

7- Comparaison avec les images de la Base de donnée

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Une technologie de haute précision qui permettra de compléter les lacunes en terme d’études générationnelles de lémuriens sur le long terme ! L’observation des individus et des populations sur de longues périodes fournit des données cruciales sur leur évolution dans la nature. On peut ainsi mesurer leur fréquence de reproduction, le nombre de petits, la mortalité juvénile et l’augmentation et le déclin des populations.

En améliorant nos connaissances à l’échelle des individus, il sera plus facile de renforcer leur protection.

Les Avantages du LemurFaceID

  • Un instrument d’identification non invasif ! En effet, cette nouvelle méthode d’identification, ne nécessite plus de captures ou de poses de colliers qui sont risquées pour les animaux et peuvent engendrer des blessures ou du stress.
  • Une méthode plus abordable financièrement qu’une capture.

L’équipe derrière LemurFaceID s’apprête maintenant à tester l’outil en pleine nature, afin de confirmer son véritable potentiel. Par la suite, la reconnaissance faciale des lémuriens pourrait être utilisée pour identifier d’autres primates comme les gibbons, des singes originaires d’Asie.

David Crouse et al. (2017) LemurFaceID: A face recognition system to facilitate individual identification of lemurs. BMC Zoology 2:2. DOI 10.1186/s40850-016-0011-9

 

 

Cheirogaleus shethi

Le 8 Décembre 2016 est publié dans la fameuse revue Primate Conservation la découverte d’une nouvelle espèce de Lémurien : Cheirogaleus shethi.

Cheirogaleus shethi, aussi appelé Lémur nain d’Ankarana, pèse 100 grammes et mesure tout juste 16cm. Ce lémurien nocturne appartient à la famille des Cheirogaleidés (Gray, 1873), qui comprenait jusqu’alors 31 espèces (Mittermeier et al., 2014).

Cette nouvelle espèce porte le nom de Brian Sheth, président du conseil d’administration de l’ONG Global Wildlife Conservation, un homme engagé pour la conservation des espèces et des écosystèmes et qui a contribué à de nombreux projets à Madagascar.

Cette nouvelle espèce a été repérée à l’Est de la réserve spéciale d’Ankarana, au nord de la réserve spéciale d’Analamerana et de l’aire protégée d’Andrafiamena Andavakoera.

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Des distinctions génétiques – au niveau des gènes du cytochrome b, du gène COII – et morphologiques ont été démontrées dans cet article. Cheirogaleus shethi peut être distingué des autres espèces par sa taille très réduite (de 16 à 17cm). Des différences nettes au niveau de son pelage sont aussi à noter.

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Illustration de C. shethi par Stephen D. Nash – ©Conservation International

L’identification de cette nouvelle espèce met en lumière l’importance du nord de Madagascar comme un réservoir de Biodiversité.

Article de référence :

Cynthia L. Frasier et al. 2016. A New Species of Dwarf Lemur (Cheirogaleidae: Cheirogaleus medius Group) from the Ankarana and Andrafiamena-Andavakoera Massifs, Madagascar. Primate Conservation 30: 59-72

Sources annexes :

Gray J.E. 1873. Notes on Propithecus, Indris ans other lemurs (Lemurina) in the British Museum. Proceedings of the Zoological Society of London (1873) : 846-860.

Mittermeier, R. A., Louis Jr., E. E., Langrand, O., Schwitzer, C., Gauthier, C.-A., Rylands, A. B., Rajaobelina, S., Ratsimbazafy, J., Rasoloarison, R., Hawkins, F., Roos, C., Richardson, M. & Kappeler, P. M. 2014. Lémuriens de Madagascar. Publications du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris; Conservation International, Arlington.